Le Vanuatu


Sa géographie

La République de Vanuatu est un État de Mélanésie situé dans le sud-ouest de l'océan Pacifique, en mer de Corail. L'archipel est situé à 1 750 km à l'est de l'Australie, à 540 km au nord-est de la Nouvelle-Calédonie, à l'ouest des îles Fidji et au sud des îles Salomon.
Le Vanuatu se compose de 83 îles. Les deux uniques villes du pays sont Port-Vila, la capitale avec 44 039 habitants (recensement de 2009), située sur l'île Efate; et Luganville avec 13 156 habitants (recensement de 2009), située sur l'île d'Espiritu Santo.
La population totale au Vanuatu est de 286 429 habitants (2016).

Certaines îles volcaniques sont encore en activité, comme sur les îles de Tanna avec le volcan Yasur, d'Ambrym avec les volcans Marum et Benbow, d'Ambae avec le volcan Lombenben ou sur l'île de Lopevi avec le volcan du même nom. D'autres volcans sont endormis comme le mont Garet sur l'île de Gaua, ou le Karua, volcan sous-marin situé dans la caldera de Kuwae entre les îles d'Epi et de Tongoa.
Le Vanuatu est riche d'une nature exceptionnelle : volcans, fonds coralliens, plages de rêve, forêts vierges... et tout ceci sous un climat tropical.

Son Histoire

Nommé «Nouvelles-Hébrides» après James Cook, l'archipel a connu une colonisation lente et discontinue depuis son exploration par les Européens à la fin du XVIIè siècle jusqu'à la fin du XIXè siècle.
En 1906, les Français et les Britanniques fondèrent ensemble un condominium franco-britannique, le condominium des Nouvelles-Hébrides. Durant les années 1960, les Néo-Hébridais cherchèrent à obtenir davantage d'autonomie, et l'indépendance leur fut finalement accordée par les deux nations colonisatrices, le 30 juillet 1980. Les Nouvelles-Hébrides s'appellent désormais Vanuatu (qu'on pourrait traduire par «le pays debout»).

Ses langues

Le Vanuatu possède trois langues officielles : le bichelamar, l'anglais et le français. La grande richesse du Vanuatu réside dans son impressionnante densité linguistique, la plus forte de la planète. Pour une population de plus de 286 000 habitants, on ne compte pas moins de 110 langues différentes, sans compter les dialectes.

Sa culture
Le nakamal

Un élément essentiel de la culture au Vanuatu est le nakamal. Traditionnellement, c'est un lieu où les hommes se réunissent après le travail ; ils y boivent le kava (plante originaire du Pacifique occidental apparentée au poivre) et discutent des affaires locales, politiques et autres. En fonction des villages et de la coutume, les femmes et les enfants ne s'en approchent pas. Ce peut être sous un arbre, ou dans une construction réservée à cet effet. Le chef du village y exerce ses talents de médiation et y rend jugement. Ainsi le nakamal contribue fortement à ce que le Vanuatu soit plus paisible que ses voisins mélanésiens. Dans le contexte urbain, le mot nakamal est désormais aussi utilisé pour désigner des bars à kava, aujourd'hui nombreux à Port-Vila.

Les dessins sur le sable

Cette tradition originale, éphémère et complexe de dessins réalisés sur le sable est typique de l'archipel de Vanuatu. Ces compositions souvent harmonieuses et géométriques sont exécutées par des initiés. Elles servent d’écriture : c'est un moyen de communication entre les membres de près de 110 groupes linguistiques différents et un moyen mnémotechnique pour transmettre des rituels, des connaissances mythologiques, des informations orales sur l'histoire locale, les techniques agricoles, l'artisanat ou encore la chorégraphie. Les dessins sur le sable de Vanuatu ont été inscrits en 2008 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco (originellement proclamé en 2003).

Autres aspects de la culture vanuataise

Sur l'île de Pentecôte, pendant la saison des ignames, se tient une manifestation coutumière spectaculaire : le saut du Gol. Après avoir construit une tour de branchages d'une vingtaine de mètres, hommes et enfants de sexe masculin se jettent dans le vide avec, pour seules attaches, deux lianes enroulées autour des chevilles. La longueur de la liane est à peine plus courte que la hauteur de la tour, en sorte que le plongeur frôle le sol. Une fois le saut effectué, les jeunes hommes rentrent dans l'âge adulte.
Sur l'île de Mallicolo (Malekula), les hommes dansent en portant sur la tête des masques faits de terre pétrie autour d'une armature de racines de fougères arborescentes. Au bruit de leurs clochettes fabriquées à partir de noix et qu'ils attachent à leurs chevilles, ils célèbrent les principaux événements coutumiers : les naissances, les circoncisions, les passages de grades et les rites funéraires.
Sur l'île de Gaua, les femmes exécutent la «water music», musique de percussion réalisée par des mouvements et des battements de mains à la surface de l'eau d'un bassin d'une rivière ou dans la mer.

Traditions - Kastoms

Le mot bichelamar kastom renvoie à tout ce qui est coutumier, de tradition principalement mélanésienne. La coutume régit la vie sociale, elle favorise le respect et le maintien de la loi au sein de la communauté. Les querelles peuvent ainsi être résolues de façon pacifique, par l'échange de cochons et de nattes. On retrouve la force de la coutume à chaque événement important : mariage, funérailles, circoncision, passage de grade. Chants et danses y sont incontournables. Si les habitants s’attachent à perpétuer les traditions pour que les générations futures puissent elles aussi vivre en paix et en harmonie, ces traditions ont forcément évolué avec le temps (http://www.vanuatuparadise.com/fr/d-iles-en-iles/un-archipel-hors-du-temps) Certains villages-tribus, plus respectueux des traditions, limitent l'accès aux lieux, aux personnes, aux objets. D'autres villages-tribus proposent comme attraction touristique des spectacles de kastom, revendiquant les pratiques, techniques, récits, valeurs de leurs ancêtres : feu, cuisine (râper, écorcer, laver, émincer, cuire...), tressage, musique, danse, dessin sur sable, chasse...

Artisanat

La production artistique à finalité rituelle n'est pas libre, seuls quelques initiés disposent du droit de sculpter, tresser ou créer certains motifs. Différent d’île en île, l’artisanat est resté très riche au Vanuatu. Il traduit, dans une large mesure, la vie ancestrale, à travers des objets d’usage courant ou utilisés lors des cérémonies coutumières. Les artisans confectionnent ainsi des plats en bois, en forme de tortues, d'oiseaux ou de poissons stylisés, dédiés à la préparation des aliments, des objets de maisons cérémonielles dont les plats à kava, haches cérémonielles. Ils fabriquent aussi des pilons, des couteaux, des casse-têtes, des lances ou des arcs. Mais également des masques, des coiffures, des chapeaux, des parures corporelles, des ornements corporels, des tatouages. La plupart des sculptures représentent des visages humains. On peut trouver des statues en racines de fougère arborescente, en bois dur ou en pierre ; des tambours à fente (Tam-Tam) de bois dur, placés horizontalement ou verticalement.
Présente partout autrefois, la poterie ne se rencontre plus aujourd’hui que sur la partie Ouest de Santo. Les femmes utilisent leurs genoux pour mouler la terre cuite, l’arrondir et lui donner une forme de bol.
La vannerie, elle, est toujours très répandue, les femmes fabriquant des nattes, des sacs, des ceintures ou des paniers à partir de feuilles de pandanus et de cocotier.